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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

Note 53 — QUARTIER SAINT BENOIT.

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La maison d'Autriche, disent les apologistes de Richelieu, tendoit à la monarchie universelle; il falloit arrêter une ambition qui n'avoit plus de bornes. Cette accusation vague, si souvent répétée et si légèrement crue parce qu'elle n'a été que foiblement contredite, tombe d'elle-même dès que l'on considère avec un peu d'attention et la situation de l'Europe et celle de cette famille souveraine. Placée en Allemagne à la tête d'une confédération de petits souverains, sous la condition expresse de protéger leurs droits et de garder leurs constitutions, nul d'entre eux n'eût été disposé à l'aider dans ses projets dont le résultat eût été de les asservir eux-mêmes; et Ferdinand II venoit de l'éprouver, lorsque, après avoir abattu deux ligues protestantes qui s'étoient formées contre lui, il s'étoit vu arrêter dans ses projets de domination absolue par les électeurs catholiques eux-mêmes, qui vouloient que l'empereur fût le protecteur et non le maître de l'empire[53]. Impuissante de ce côté pour exécuter des projets aussi gigantesques, que pouvoit-elle en Espagne, en Italie et dans les Pays-Bas? On l'a vu sous Charles-Quint, lequel cependant réunissoit sur sa tête toutes ces couronnes depuis divisées, lorsque, après la bataille de Pavie, la France sembloit être réduite aux dernières extrémités; on l'a vu, sous Philippe II, lorsqu'elle étoit déchirée par les partis, et d'un bout à l'autre livrée à toutes les horreurs de la guerre civile. Ni par leurs intrigues, ni par la force de leurs armes, ces princes si habiles et si puissants n'avoient pu venir à bout de se maintenir dans une seule de ses provinces. Étoit-ce, lorsque le dernier coup venoit d'être porté dans ce royaume au protestantisme, lorsque l'autorité royale y avoit repris toute sa force au milieu des partis abattus, que l'on pouvoit sérieusement en craindre la conquête par le roi d'Espagne? Non; cette crainte chimérique eût été indigne de Richelieu: c'étoit un sujet ambitieux qui vouloit se rendre nécessaire à son maître en concevant des projets que lui seul sembloit capable d'exécuter; et c'étoit parce qu'il n'avoit point d'autre conscience politique que celle des intérêts matériels de la France, qu'il avoit conçu de semblables projets.

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