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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

Note 51 — QUARTIER SAINT BENOIT.

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Certes, la politique de la maison d'Autriche, au milieu de ces graves circonstances, est loin de mériter des éloges: c'étoit celle de son temps; et, pour nous servir d'une expression devenue fameuse de nos jours, elle marchoit avec son siècle, et s'enfonçoit autant qu'il étoit en elle dans les intérêts purement matériels de la société. Nous avons fait voir quelle avoit été la folle ambition de Philippe II, sa conduite cauteleuse envers la France, et, dans nos guerres de religion, l'hypocrisie de son zèle religieux. Sous ses successeurs, ces dispositions hostiles et cette marche insidieuse n'avoient point changé: le cabinet d'Espagne surtout n'avoit point cessé, autant qu'il étoit en lui, de fomenter nos discordes intestines, dans l'espoir insensé d'en faire son profit. Mais, quoi qu'il en pût être de ses fausses maximes et des artifices de sa politique, il n'en est pas moins vrai de dire que, par la position où la Providence l'avoit placée et malgré les fautes qu'elle n'avoit cessé de commettre, la maison d'Autriche se trouvoit en Europe à la tête du parti catholique et l'ennemie naturelle de tous ses ennemis. En Allemagne elle étoit établie comme un boulevard de la chrétienté contre les protestants et les sectateurs de Mahomet; et, tandis qu'elle y contenoit l'hérésie protestante par la terreur de ses armes; que, s'étendant par-delà les confins de l'Italie, elle l'empêchoit de pénétrer dans le centre même de la société religieuse, ses tribunaux ecclésiastiques lui fermoient l'entrée de la péninsule, et l'étouffoient à l'instant même dans son germe, dès qu'elle osoit s'y montrer. Sans cesse attentifs à ce qui se passoit au milieu du monde chrétien, les papes, dont l'œil pénétrant avoit saisi toute l'étendue du mal, mettoient dans cette royale famille leurs plus chères espérances; et, portant d'un autre côté leurs regards sur ces rois de France, qu'ils appeloient toujours les fils aînés de l'Église, ils voyoient et avoient raison de voir, dans l'union de ces deux puissances, le salut de la chrétienté. C'étoit vers cette union salutaire que se portoient tous leurs désirs; c'étoit pour la former qu'ils mettoient en jeu tous les ressorts de leur politique, qu'ils employoient ce reste d'influence que le respect humain leur avoit encore conservé dans les affaires générales de l'Europe. Ils crurent un moment avoir atteint ce but par le mariage de Louis XIII avec une infante; et, si la France eût eu à la tête de ses affaires un autre homme que Richelieu, peut-être y seroient-ils parvenus[51].

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