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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

Note 45 — QUARTIER SAINT BENOIT.

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Il marcha donc constamment vers ce double but avec un courage et une persévérance que rien ne put ébranler, au milieu de périls et d'obstacles qu'une âme aussi forte et une volonté aussi inflexible pouvoient seules surmonter. Tant qu'il le jugea nécessaire, il dissimula avec les huguenots, dont les révoltes et les insolences alloient toujours croissant: pour pouvoir en finir avec ces sectaires, il lui falloit terminer ou du moins suspendre les guerres extérieures dont ils savoient si bien profiter, remettre l'ordre dans les finances, relever la marine françoise, qui, dans une si grande entreprise, lui devoit être un si puissant auxiliaire. Il y parvint; et tout étant ainsi préparé, ses projets éclatèrent au milieu d'une conspiration de la cour soulevée presque tout entière contre lui, conspiration qui menaçoit sa vie et le roi lui-même des derniers attentats[45]. Les chefs du complot, et parmi eux des princes du sang, sont arrêtés[46]; ceux des conjurés qui avoient des gouvernements de provinces en sont à l'instant même dépouillés; le duc d'Anjou, dont ils avoient fait le prétexte et l'instrument de leurs machinations, est forcé de se soumettre[47], et, dans la frayeur dont il est saisi, déclare lui-même ses complices; un de ces grands, le prince de Chalais, monte sur l'échafaud, et ses pareils commencent à reconnoître que leurs rébellions ne sont pas privilégiées, que leurs personnes ne sont pas inviolables. Ce coup, frappé à propos, en impose: le siége de La Rochelle, qui n'eût jamais été entrepris si la terreur ne se fût pas mise parmi les ennemis du cardinal, est commencé, poursuivi, achevé sous la direction même du ministre, malgré toutes les difficultés que présentoit une position jusque là jugée inexpugnable, tous les dangers que faisoit renaître sans cesse une résistance désespérée, et tous les obstacles qu'osoit y apporter encore cette faction des grands qui ne vouloit pas que la ville fût prise, parce que son ambition avoit besoin de l'existence des protestants. Ce boulevard du protestantisme tombe enfin: alors tout prend dans cette guerre, jusqu'alors si périlleuse, une marche prompte et décisive. Une année se passe à peine que le parti huguenot est forcé partout de se remettre à la discrétion du vainqueur, humilié par ses continuelles défaites, dompté par le sac de ses villes, par le supplice de ses chefs, réduit à vivre désormais tranquille et soumis au milieu de ses forteresses démolies et ouvertes de toutes parts[48]. L'entrée triomphante du cardinal dans Montauban fut la dernière scène de ce grand événement.

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