Note 254 — QUARTIER SAINT BENOIT. (continued 2)
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C'étoit une propriété de l'ordre de Malte, qui, comme nous l'avons déjà dit, remplaça celui des Templiers, et fut mis en possession de tous ses biens; toutefois il étoit possesseur de cette maison avant la destruction de ces religieux. Ces deux ordres avoient été institués pour l'utilité des pèlerins qui alloient visiter les lieux saints, mais avec cette différence que les Templiers, autrement dits frères de la Milice du Temple, se contentoient d'assurer les passages, de conduire et de défendre sur la route ces pieux voyageurs, tandis que les frères Hospitaliers de Jérusalem s'engageoient à leur donner l'hospitalité et à leur procurer tous les secours que pouvoit exiger leur situation. L'institution de ces derniers avoit même précédé de quelque temps celle des Templiers: cependant il n'y a point de preuves qu'ils aient eu avant ceux-ci un établissement à Paris; et quelques efforts que fasse l'abbé Lebeuf[254] pour reculer le plus possible cette antiquité, les raisonnements qu'il présente à ce sujet, combattus avec beaucoup de force par Jaillot, ne sont point appuyés de titres qui soient antérieurs à l'année 1171, époque que Sauval donne aussi pour la fondation de Saint-Jean-de-Latran. Du reste, ce surnom de Latran, qui est celui d'une basilique de Rome, ne fut donné à leur chapelle que dans le courant du seizième siècle: jusque-là, leur maison avoit été nommée Saint-Jean-de-Jérusalem et l'Hôpital de Jérusalem.