Note 226 — QUARTIER SAINT BENOIT. (continued 2)
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Il est impossible de suivre ici, même sommairement, la marche tortueuse et compliquée de ces négociations dans lesquelles, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, tous les princes, protestants et catholiques, vouloient sûreté pour leurs intérêts, garantie pour leurs envahissements; où la vérité et l'erreur traitoient sur le pied de l'égalité la plus parfaite. La France y gagna les villes de Metz, Toul, Verdun, Pignerol, Brisac, le landgraviat de la haute et basse Alsace[226], et la préfecture des dix villes impériales qui y étoient situées. La Suède partagea la Poméranie avec la maison de Brandebourg[227]; et les autres princes de l'empire, alliés des deux hautes puissances, obtinrent, suivant leur mérite, le prix de leur félonie[228]. Ce fut, du reste, la partie du traité la plus facile à régler. Relativement aux états protestants, ce que l'on appeloit les griefs de religion présenta de bien plus grandes difficultés. Ce fut vainement que les plénipotentiaires impériaux tentèrent d'en renvoyer la solution à une assemblée particulière: les Suédois, soutenus par les ministres de France, exigèrent qu'ils fussent discutés en plein congrès; et c'est dans la discussion de ces griefs, et dans les concessions qui en furent la suite, qu'il faut chercher le véritable esprit de la politique européenne, telle que la réforme l'avoit faite, telle qu'elle n'a point cessé d'être jusqu'à la révolution, telle qu'elle est encore, et plus perverse peut-être, malgré cette terrible leçon.