Note 224 — QUARTIER SAINT BENOIT. (continued 2)
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Les ministres de France[224], qui y étoient arrivés les derniers, s'apercevant que la crainte de déplaire à l'empereur empêchoit plusieurs princes de l'empire d'y envoyer leurs plénipotentiaires, écrivirent, de concert avec les ministres de Suède, une circulaire à tous ces princes, pour les inviter à prendre part aux délibérations, afin de défendre leur liberté civile et religieuse contre les attentats de la maison d'Autriche, qui, disoient-ils, ne cessoit d'aspirer à la monarchie universelle. Tel étoit l'esprit dans lequel ces négociateurs du roi très-chrétien venoient à ce congrès. Ce fut vainement que l'empereur témoigna son mécontentement d'une lettre, ou plutôt d'un libelle dont les expressions étoient si déplacées et si choquantes, et s'opposa à cette admission de tous les états de l'empire à traiter avec lui et avec les puissances, la déclarant attentatoire à sa dignité et contraire à ses intérêts. Les ministres de France et de Suède insistèrent, soutenant qu'il y alloit, pour les moindres de ces états, comme pour les plus considérables, non-seulement de leur liberté et de leurs biens, mais encore de leur religion, qui étoit ce qu'ils avoient de plus cher; et l'empereur, déconcerté par la victoire que Torstenson venoit en ce moment même de remporter à Jancowits[225], se vit obligé de céder à cette proposition, vraiment inconcevable, si l'on considère par qui et en quels termes elle étoit présentée. Ces difficultés et mille autres qui vinrent encore entraver les préliminaires, retardèrent l'ouverture des conférences jusqu'aux premiers jours de l'année 1646. Les ministres des puissances catholiques étoient établis à Munster, et ceux des princes protestants à Osnabruck.