Note 217 — QUARTIER SAINT BENOIT. (continued 2)
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Quatorze à quinze d'entre eux trouvèrent le moyen de sortir de la ville sous divers déguisements, et de se rendre à Pontoise, où ils furent installés par Molé. Le parlement de Paris ne manqua pas de rendre sur-le-champ un arrêt qui déclaroit nul et illégitime le nouveau parlement: celui-ci lui répondit par un arrêt non moins violent, et sans doute mieux fondé, puisqu'il étoit soutenu de l'autorité royale. Au milieu de ces débats entre les deux parlements, Mazarin préparoit la scène qui devoit enfin terminer cette guerre funeste et scandaleuse. En gagnant du temps, en opposant sans cesse les uns aux autres tous les intérêts, toutes les passions, il avoit allumé entre ses ennemis des méfiances que rien ne pouvoit guérir, des haines que rien ne pouvoit calmer. Réduits, par leurs discordes intestines, au dernier état de foiblesse, les rebelles ne trouvoient un reste de force que dans la haine commune qu'ils lui portoient, et dans l'union apparente qu'elle produisoit entre eux. Il résolut de leur enlever cette dernière ressource; et son éloignement de la cour, si fâcheux pour lui dans un temps où les partis divers étoient dans toute leur vigueur, devenoit maintenant un coup de la plus adroite politique. La mort subite du duc de Bouillon[217], dont les talents supérieurs, l'ambition, l'activité pouvoient seuls l'inquiéter pendant sa retraite momentanée, acheva de le décider. Jamais comédie ne fut jouée avec plus d'adresse et de naturel. Le parlement de Pontoise, d'accord avec le cardinal et la régente, demanda son expulsion dans des termes non moins énergiques que celui de Paris. Mazarin lui-même pria le roi à mains jointes de le laisser partir; et après avoir établi dans le ministère un ordre tel que personne ne pût avoir la pensée d'envahir une place qu'il ne quittoit que pour quelques instants, il sortit de France une seconde fois, le 19 août, et se retira à Sedan, d'où il continua de conduire toutes les affaires.