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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

Note 213 — QUARTIER SAINT BENOIT. (continued 2)

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En effet Paris, depuis cette époque jusqu'à la fin de ces malheureux troubles, présente l'image de la plus horrible confusion. Retz, réveillé tout à coup par cette scène sanglante, de l'espèce de sécurité dans laquelle il sembloit plongé, instruit peut-être du danger qu'il avoit couru, sortit de sa retraite, et reparut avec un appareil formidable[213], prêt à disputer à Condé cette puissance absolue qu'il sembloit s'arroger, déclamant contre les horreurs qui venoient de se passer, et attirant ainsi vers lui tous ceux qui gémissoient de la nouvelle tyrannie. Avec les intérêts les plus opposés, les deux princes, affectant l'union la plus parfaite, se faisoient donner par le parlement ces titres de lieutenant général du royaume et de généralissime des armées qu'ils avoient tant ambitionnés; mais les arrêts de cette compagnie, reçus maintenant avec mépris dans la France entière, tournés en ridicule dans Paris même, étoient cassés sur-le-champ par des arrêts de la cour, qui en faisoient voir toute l'absurdité[214]. Gaston demandoit de l'argent pour lever des troupes; et d'après ses demandes, on ordonnoit des impôts que tout le monde refusoit de payer. Il fut résolu de former un conseil pour la nouvelle autorité qu'on venoit d'établir: dans cette formation, des disputes sur les préséances donnèrent lieu à des scènes ou tragiques ou scandaleuses; Nemours provoqua Beaufort à un duel, dont il fut lui-même la victime[215]; Condé donna un soufflet au comte de Rieux, qui le lui rendit[216]. C'est ainsi que, de jour en jour, le parti des princes perdoit de son autorité et de sa considération. D'un autre côté la cour n'étoit guère moins embarrassée: elle savoit que Fuensaldagne et le duc de Lorraine s'apprêtoient à rentrer en France pour soutenir de nouveau les rebelles; et forcée de quitter les environs de Paris, elle ne savoit où se retirer. Turenne releva seul les courages abattus, et détermina le roi à se réfugier, non en Bourgogne, comme Mazarin en avoit donné le conseil pusillanime, mais seulement à Pontoise, tandis que, portant son armée du côté de Compiègne, il alloit observer la marche de l'ennemi. Toutefois la correspondance n'en continuoit pas moins entre le roi et le parlement; et, dans ces rapports entre le maître et les sujets, le renvoi de Mazarin étoit le seul prétexte qu'ils donnassent du refus d'obéissance à ses ordres. Pour les pousser à bout, le jeune prince promet et annonce le départ prochain de son ministre: aussitôt Condé, qui craint avec raison un piége caché sous cette promesse, se réunit à Gaston pour la décréditer comme une ruse nouvelle du cardinal; et tous les deux déclarent en plein parlement ne pouvoir désarmer que l'ennemi de l'état ne soit hors du royaume. Cette déclaration rompt toutes les communications entre le roi et cette compagnie: elle a même l'audace de rappeler ses députés, qui avoient reçu l'ordre de se rendre au lieu où la cour résidoit. Alors le monarque, déployant enfin le caractère trop long-temps méconnu de l'autorité souveraine, rend un arrêt par lequel il transfère à Pontoise le parlement de Paris, interdisant à ses membres tout acte de leur juridiction jusqu'à ce qu'ils y fussent réunis.

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