Note 197 — QUARTIER SAINTE-OPPORTUNE.
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Dans ces temps anciens, où un esprit de charité animoit toutes les classes de la société, les orfévres payoient chaque année à l'Hôtel-Dieu une somme assez considérable pour ajouter au soulagement qu'y recevoient les pauvres ouvriers de leur corps: ils pensèrent ensuite qu'il étoit plus convenable qu'ils prissent eux-mêmes ce soin; et dans cette vue ils achetèrent, en 1399, de Roger de la Poterne, un de leurs confrères, et de Jeanne sa femme, une grande maison située dans la rue des Deux-Portes, et appelée l'hôtel des Trois Degrés, parce qu'on y montoit par autant de marches. Il formoit un espace carré qui régnoit le long de cette rue et de celles de Jean Lantier et des Lavandières. Les anciens bâtiments furent démolis; on construisit à la place une grande salle où l'on mit des lits; on ménagea des chambres au-dessus et une petite chapelle dans le fond. Le 12 novembre 1403, Pierre d'Orgemont, évêque de Paris, permit aux orfévres d'y faire célébrer le service divin; et cette permission fut ratifiée, en 1406, par un décret du cardinal de Chalant, à cette époque légat en France. L'abbé Lebeuf dit qu'on y mit une cloche[197], et qu'alors le chapitre de Saint-Germain prétendit faire valoir un droit de patronage sur cette nouvelle fondation; mais il ne fait point connoître ce qui fut décidé à ce sujet. Par les archives de la communauté des orfévres, il paroît que toutes les contestations de ce genre furent toujours jugées en sa faveur.