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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 2/8)

Note 187 — QUARTIER SAINTE-OPPORTUNE.

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La censive des évêques ayant toujours été fort étendue, il étoit nécessaire qu'ils eussent un officier préposé pour recevoir leurs droits, et un juge pour décider les affaires contentieuses qui pouvoient naître de cette perception, ou pour prononcer sur les peines dont étoient passibles les crimes commis dans l'étendue de leur seigneurie. Il est vraisemblable que ce tribunal fut d'abord placé dans la Cité; mais on ne trouve à ce sujet ni indice ni tradition. Depuis, la ville s'étant accrue du côté du nord, et le marché public ayant été établi sur le territoire de Champeaux, il est probable que l'évêque, qui se trouvoit, par ces accroissements, dans un conflit de juridiction avec le roi, jugea à propos de transporter sa justice de ce côté. On pourroit donc en fixer l'époque vers 1136, temps où l'évêque Étienne céda à Louis-le-Gros[187] les deux tiers de ce terrain de Champeaux, ou en 1222, date de l'accord que Philippe-Auguste fit avec Guillaume de Seignelai, qui gouvernoit alors l'église de Paris, au sujet de la justice et des droits qu'ils pouvoient respectivement exercer. Il est certain du moins que, depuis cette dernière époque, on ne voit point que la justice séculière de l'évêque ait été rendue ailleurs qu'en cet endroit; et dans les diplômes de ces deux princes, il est fait mention de l'officier du roi et de celui de l'évêque, sous le même nom de prévôt (præpositus).

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