Note 177 — QUARTIER SAINTE-OPPORTUNE.
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Toutefois, et nous croyons devoir le répéter, si l'on veut se faire une idée exacte de ces premiers quartiers, à l'époque où furent bâtis les vieux monuments que nous décrivons, il faut en quelque sorte les dépouiller des constructions modernes qui en ont changé presque tout l'aspect, et se reporter à ces temps grossiers où les arts, encore dans l'enfance, et les besoins extrêmement bornés de nos simples aïeux, ne leur donnoient ni le pouvoir ni la volonté de rendre à la fois commode et agréable le séjour qu'ils habitoient. Quoique Philippe eût fait paver les principales rues de la ville, que les nouvelles murailles en eussent considérablement augmenté l'étendue, et que ce monarque vigilant n'eût rien négligé, autant du moins que le permettoient son siècle et ses moyens, pour la sûreté et l'embellissement de sa capitale; cependant c'est seulement sous ses successeurs que les vignes, les terres labourables, les prés renfermés dans la nouvelle enceinte furent couverts de maisons et d'édifices publics. D'un autre côté, la Seine n'étoit point encore entourée de cette longue suite de quais qui la forcent de couler dans son lit, et opposent une digue insurmontable à ses fréquentes inondations. Libre alors dans son cours, elle étendoit ses ravages sur ces bords, qu'elle rendoit souvent malsains et impraticables. Philippe-le-Bel fut le premier qui, pour remédier à ces inconvénients, ordonna, en 1312, de construire un quai depuis l'hôtel de Nesle jusqu'à la maison de l'évêque de Chartres[177]; ce qui fut exécuté les années suivantes. Il paroît, par un compte du payeur des œuvres de la ville de Paris, que le quai[178] qui borde au midi le quartier que nous allons décrire ne fut bâti qu'en 1369, et que le port au Foin ne[179] fut pavé que l'année suivante. Le terrain qu'occupe ce quai alloit auparavant en pente jusqu'à la rivière; il formoit des basses-cours et des jardins; et, au sortir de la Cité, il n'y avoit d'autre chemin pour se rendre au Louvre que la rue Saint-Germain. Au bout du pont aux Meuniers, on ne comptoit alors que deux maisons en retour; elles étoient élevées sur un mur de neuf toises quatre pieds de long sur vingt-huit pieds d'épaisseur, qui servoit de borne à la rivière de ce côté[180]. Le terrain situé à l'extrémité de ce quai, du côté oriental, entre l'abreuvoir Popin et la rue Saint-Leufroi, a été long-temps appelé la Vallée-de-Misère. On y tenoit le marché à la volaille; et c'est de là que Guillot désigne cet endroit sous le nom de la Poulaillerie. Sa partie occidentale étoit habitée, dès la fin du treizième siècle, par des gens qui préparoient les peaux, et qu'on nomment mégissiers[181]. Une sage police éloignoit dès lors du centre des villes ces sortes d'ouvriers, les tanneurs, les teinturiers et autres artisans dont les travaux pouvoient y répandre l'infection[182].