Note (retour) — L'ÎLE D'ELBE
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Ses souvenirs s'étaient certainement un peu effacés et brouillés quand il les rédigea, et ne pouvaient lui suffire. Comment les raviva et les compléta-t-il? Il ne paraît pas qu'il soit resté entre ses mains, après 1815, beaucoup de ses papiers du temps de l'Empire. Dans la biographie écrite par lui ou sous sa dictée pour la collection des Biographies des hommes du jour 32, nous le voyons citer avec autant d'exactitude que de complaisance des documents officiels datant de la Révolution, qu'il avait sans doute retrouvés dans ses papiers de famille à Cette; il en cite aussi d'autres qui datent de la Restauration et de la monarchie de Juillet. Pour l'époque de son séjour à l'île d'Elbe, la lacune est presque complète; sauf quelques lettres à Napoléon au sujet de la mine et de l'affaire des farines, il ne cite que des actes comme la proclamation de Dalesme ou le mandement d'Arrighi, tombés dès lors dans le domaine public. Sa famille, qui conserve encore pieusement quelques rares souvenirs de lui 33, ne possède aucune lettre antérieure à sa rentrée en France en 1825. La police autrichienne à Venise a bien fait son oeuvre. Il ne retrouva guère, pour s'en aider à rédiger son grand ouvrage, que le début de son Mémoire aux puissances alliées, où il puisa d'ailleurs largement, et quelques bien rares documents personnels qui,--chose assez étrange,--manquent aujourd'hui à la collection de ses papiers à Carcassonne.