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Souvenirs et anecdotes de l'île d'Elbe

Note (retour) — L'ÎLE D'ELBE

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Quelle en est la valeur historique? L'information originale de Pons était excellente. Il dit lui-même avoir reçu les confidences de Napoléon sur certaines questions, notamment sur les tentatives d'assassinat dirigées contre lui. Drouot, son ami intime, son camarade Peyrusse, lui apprirent bien des détails. À Rio-Marine, où il résidait, il recevait, par ordre de Napoléon, la plupart de ses visiteurs de distinction, qui lui répétaient les conversations de leur hôte impérial. Lord Bentinck, Campbell, le général Koller, Towers, causèrent librement devant lui. Depuis longtemps fixé dans l'île, et étant «de tous les Français celui que les Elbois aimèrent le mieux», il avait la confiance de quelques-uns des hommes les plus marquants de l'île, et dont Napoléon fit ses fonctionnaires civils, Balbiani, Lapi, et surtout cette famille Vantini avec qui il conserva toute sa vie d'affectueuses relations 28. Il tenait à Rio-Marine un «cercle» où, soit absence du maître, soit confiance en Pons, on causait librement, plus librement qu'à Porto-Ferrajo. Son éloignement du centre de la vie elboise eut, par contre, on ne peut le nier, un mauvais résultat: il fut parfois isolé, et ignora certaines arrivées dans l'île d'étrangers importants. Peut-être son journal quotidien était-il plus circonstancié là-dessus; il est fâcheux que sur ces menus faits ses souvenirs soient restés muets. Il serait si important de les connaître à fond, pour fixer les relations secrètes de Napoléon avec la France et la préméditation du retour de l'île! Par bonheur, cet isolement de Pons se trouva compensé par le grand nombre de visites et de confidences qu'il recevait, et par ce qu'il nous dit lui-même 29: «Il y avait entre les personnes qui entouraient plus particulièrement l'Empereur une espèce d'engagement de se dire mutuellement tout ce qu'elles savaient.» D'ailleurs, Pons, homme d'une énergie et d'une activité infatigables, d'une incroyable puissance de travail,--il dit avoir parfois passé douze heures de suite dans son cabinet 30,--ne ménageait aucune fatigue pour suivre l'Empereur et apprendre les moindres détails: «Là où je n'étais pas avec lui, j'allais de suite après lui, ou je me faisais immédiatement rendre compte par ceux qui sans erreur pouvaient m'instruire.» Les souvenirs de Pons sont ceux d'un témoin immédiat et oculaire pour les journées de l'arrivée, du débarquement, de l'installation de Napoléon dans l'île, pour les excursions et les voyages à la Pianosa, à Palmajola, à Monte-Giove, et naturellement à Rio-Marine. Ses querelles avec l'Empereur au sujet des finances de la mine sont aussi racontées d'original; il a été mêlé en personne à l'aventure du vaisseau napolitain si mal reçu par Cambronne; il a servi d'interprète au commandant du vaisseau barbaresque; il a été envoyé en mission auprès du grand-duc Ferdinand. Il était présent au naufrage de l'Inconstant 31. Il a donc connu par lui-même une bonne partie des faits qu'il raconte.

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