Note (retour) — PARIS, (continued 3)
Reading edition
En s'arrêtant sur le pont, l'aspect du lac est effrayant par la sévérité des montagnes qui l'entourent et dont il est entrecoupé: la première, à droite, est le Mont-Pilate, dont on n'a jamais pu gravir le sommet stérile: il est si élevé qu'il est presque toujours entouré de gros nuages: plus bas sont d'autres monts tout cultivés et du plus beau vert; plus bas, des maisons de campagne bordent le lac. À gauche est le Rigi qui, comme le Pilate, domine aussi les autres monts qui l'environnent; mais les voyageurs y peuvent monter pour jouir de la vue la plus immense de la Suisse 41. Ce qui ajoute à l'austérité du lac est la couleur de ses eaux, plus verte et plus foncée que celle des autres eaux. Il est souvent furieux; je l'ai traversé avec beaucoup de vagues, et aussi beaucoup de peur, d'autant que je ne voyais d'autre barque que la mienne. Je savais que dans le mauvais temps on ne peut aborder; vers le milieu du trajet que j'avais à faire, j'aperçus, à droite, la tour et le clocher de Stanzstrade qui se détachait en demi-teinte douce sur ces coteaux de la plus belle végétation. Le soleil rendait ces couleurs radieuses.