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Souvenirs de Madame Louise-Élisabeth Vigée-Lebrun, Tome troisième

Note (retour) — PARIS, (continued 3)

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La veille de la fête, au soir, la pluie, qui nous contrariait depuis quelque temps, cessa. Nous étions tous au château du bailli; la cour était remplie de monde, tous les bergers et les bergères y étaient rassemblés: à neuf heures le bailli donne le signal, et à l'instant, sur la montagne vis-à-vis du château, part un feu d'artifice qui éclaire au même moment tous ces groupes; bergers et bergères chantent aussitôt en choeur une musique pastorale et harmonieuse. De tous côtés aussi s'allument les feux que l'on avait préparés sur les hautes montagnes qui entourent ce riant vallon; les cors des Alpes se répondent. Le premier moment fut si attendrissant, si solennel, que les larmes m'en vinrent aux yeux. Je ne fus pas la seule qui éprouvai cette émotion: elle nous venait de l'ensemble du pays et des habitans. En retournant à ma maison, je jouis encore des effets de ces feux, qui paraissaient être de petits volcans de distance en distance; la fumée ajoutait encore à l'effet; en recevant la lumière, elle agrandissait les masses rougeâtres, au milieu de la nuit noire qu'il faisait. J'ai regretté qu'il n'y eût pas de lune, elle aurait ajouté au charme de ce tableau 43.

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