Note (retour) — LETTRES (continued 2)
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Le lendemain du jour dont je vous parle, nous passions devant la grille des Invalides où se trouvait une foule immense, composée de ce vilain monde qui se promenait habituellement sous les galeries du Palais-Royal; tous gens sans aveu et sans habits, qui n'étaient ni ouvriers, ni paysans, auxquels on ne pouvait supposer un état, sinon celui de bandit, tant leurs figures étaient effrayantes. Madame Brongniart, plus courageuse que moi, s'efforçait de me rassurer; mais j'avais une telle peur, que je reprenais le chemin de la maison, quand nous vîmes arriver de loin une jeune personne à cheval, qui portait un habit d'amazone et un chapeau ombragé de plumes noires. À l'instant, l'horrible bande forme la haie de deux côtés pour laisser passer au milieu d'elle la jeune personne, que suivaient deux piqueurs à la livrée d'Orléans. Je reconnus aussitôt cette belle Paméla 22 que madame de Genlis avait amenée chez moi. Elle était alors dans toute sa fraîcheur et vraiment ravissante; aussi entendions-nous toute la horde crier: Voilà, voilà celle qu'il nous faudrait pour reine! Paméla allait et revenait sans cesse au milieu de cette dégoûtante populace, ce qui me donna bien tristement à penser.