Note 149 — JOHN RUSKIN (continued 2)
Marcel Proust translation
Ruskin veut parler de «Unto this last». Dans la préface d'Unto this last, Ruskin dit de même: «Je crois que ces essais contiennent ce que j'ai écrit de meilleur, c'est-à-dire de plus vrai et de plus justement exprimé. Le dernier (Ad Valorem) qui m'a coûté le plus de peine ne sera probablement jamais surpasse par aucun autre de mes écrits futurs.» Dans Fors Clavigera, Unto this last est ainsi rattaché à l'ensemble de son œuvre:
«À vingt ans j'écrivis Peintres modernes, à trente ans, les Pierres de Venise, à quarante ans, Unto this last, à cinquante ans, les Leçons inaugurales d'Oxford, et, si je finis jamais Fors Clavigera, l'état d'esprit dans lequel je me trouvais à soixante ans sera fixé.
«Les Peintres modernes enseignèrent l'affinité de toute la nature infinie avec le cœur de l'homme; montrèrent le rocher, la vague et l'herbe comme un élément nécessaire de sa vie spirituelle. Ce dont je vous conjure aujourd'hui, d'orner la terre et de la garder, n'est que le complément, la suite logique de ce que j'enseignais alors. Les Pierres de Venise enseignèrent les lois de l'art de bâtir et comment la beauté de toute œuvre, de tout édifice humain dépend de la vie heureuse de son ouvrier. Unto this last enseigna les lois de cette vie même et la montra comme dépendante du Soleil de justice.» Fors Clavigera, IV, Lettre LXXVIII, citée par M. Brunhes. (Note du traducteur.)