Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE II. (continued 2)
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Ils ne sont pas si misérables qu'on le penserait, Bien que constamment sur le bord de la pauvreté; Ils sont si accoutumés à cet aspect Que la vue leur en donne peu de crainte. Et puis, la chance et la fortune sont guidées de telle sorte Qu'ils sont toujours plus ou moins pourvus; Si un travail fatiguant les presse, Un instant de repos est une douce jouissance. La plus chère joie de leur vie est Leurs enfants bien venants, leurs femmes fidèles; Les petits gazouillants sont leur orgueil Qui adoucit leur foyer; De temps en temps, quatre sous de bonne bière Rendent leurs corps tout à fait heureux; Ils mettent de côté leurs soucis privés, Pour s'occuper des affaires de l'État et de l'Église Ils parlent de patronage et de prêtres, Avec une ardeur qui s'allume en leurs poitrines; Ou disent quel nouvel impôt va venir, Et s'émerveillent des gens qui sont à Londres. Quand la Toussaint au visage triste revient, Ils ont les bruyantes et joyeuses fêtes de la moisson, Où les existences rurales de toute situation S'unissent en une récréation commune; Œillades d'amour, coups d'esprit; la Gaîté sociale Oublie que le Souci existe sur la terre. Le jour joyeux où l'année commence, Ils barrent la porte contre les vents glacés; La bière fume sous un manteau crémeux Et répand une vapeur qui inspire le cœur, La pipe fumante, la tabatière Passent de main en main, avec bon vouloir; Les vieux, tout joyeux, parlent dru; Les jeunes jouent par toute la maison; Mon cœur a été si joyeux de les voir Que de joie j'en ai aboyé au milieu d'eux[524].