Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE II. (continued 2)
Reading edition
Tout à coup, la terrible Bastille, Avec toutes les chambres de ses tours horribles, Tomba à terre, renversée par la violence De l'indignation; et avec des cris qui étouffèrent Le fracas qu'elle fit en tombant! De ses débris S'éleva ou sembla s'élever un palais d'or, Le siège assigné de la loi équitable, D'une autorité douce et paternelle. Ce choc puissant Je le ressentis; cette transformation je la perçus Et la saisis, aussi merveilleusement que, au moment Où sortant d'un brouillard aveuglant, j'ai vu, Comme une gloire au-dessus de toutes les gloires jamais vues, Le ciel et la terre se mélanger jusqu'à l'infini, Éblouissant mon âme. Cependant des harpes prophétiques Résonnaient de toutes parts: «La Guerre cessera, N'avez-vous pas entendu que la conquête est abjurée? Apportez des guirlandes, apportez, apportez des fleurs choisies, pour orner L'arbre de la Liberté!» Mon âme bondissait, Ma voix mélancolique se mêlait au chœur: «Soyez joyeuses, toutes les nations; dans toutes les terres, Vous qui êtes capables de joie, soyez joyeux! Désormais tout ce qui nous manque à nous-mêmes Nous le trouverons chez les autres; et tous, Enrichis d'une richesse mutuelle et partagée, Honoreront d'un seul cœur leur parenté commune[480].»