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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE VI.

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Chose remarquable! Là encore, ce paysan sans culture, perdu dans des fonctions infimes, au fond de l'Écosse, était à l'unisson avec les plus hauts esprits de son époque. Il avait le don suprême des poètes de sentir où est la parcelle de justice éternelle qui roule dans le désordre humain. Il l'avait deviné, comme ses frères en poésie, l'ardent Coleridge et le noble Wordsworth. Eux aussi avaient eu l'âme déchirée de ce conflit entre leur amour pour la contrée natale et leur enthousiasme pour la cause de l'humanité. Ils avaient eux aussi sacrifié le moindre de ces sentiments au plus grand. À ce moment, Coleridge, malgré ses amitiés et ses jeunes amours qui étaient du côté patriotique, prédisait la défaite à tous ceux qui bravaient la lance destructrice des tyrans, et bénissait «les pæans de la France délivrée», en courbant la tête et en pleurant au seul nom de l'Angleterre[1246]. À ce même moment, lorsqu'il entrait dans une église où l'on offrait des prières ou des actions de grâces pour les victoires de son pays, Wordsworth restait silencieux, «comme un hôte qu'on n'a pas invité»; et quand, sur le rivage paisible, à l'heure où le soleil descend dans la tranquillité de la nature, il voyait la flotte orgueilleuse «qui porte le pavillon à croix rouge et entendait le canon du soir», son cœur était plein de chagrin pour le genre humain[1247].

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