Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE VI.
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Ce n'était là qu'une partie de l'animation de Dumfries. Elle était en même temps une ville de plaisance et de plaisir. C'était la seule cité importante dans ce parage, et, en vertu du titre qui fait la royauté des borgnes, elle s'appelait «la reine du sud». C'était un lieu de résidence d'hiver pour la noblesse des environs. Il y avait des courses en octobre. Les clubs de chasseurs à courre, qu'on nomme des Hunts, s'y donnaient rendez-vous. Le Caledonian Hunt lui-même y venait d'Édimbourg. C'était une époque de chasses, de courses, de banquets, de bals, d'assemblées, de représentations théâtrales, de fêtes de tous genres et plantureuses. «Outre les banquets quotidiens dans les hôtels, le Caledonian Hunt et le Dumfries Hunt ont donné chacun un bal et un souper qui, pour le nombre et le rang distingué des invités, la splendeur des toilettes, l'élégance et la somptuosité de la réception, la richesse et les variétés des vins ont surpassé tout ce qu'on a jamais vu en ce genre.[1151]» Un voyageur, R. Heron, a conservé l'aspect de ces semaines de réjouissance dans un tableau plein de mouvement. «En ces occasions, tous les hôtels et les auberges regorgeaient de monde. Dans la matinée, les rues n'offraient qu'une scène affairée de coiffeurs, d'apprenties modistes, de grooms, de valets, de voitures, allant, se pressant de toutes parts. Dans l'après-midi, tout le monde, jeunes et vieux, riches et pauvres, maîtres et domestiques, était dehors à suivre les chiens ou à regarder les courses. Quand la foule rentrait, on s'occupait avec le même affairement et la même animation ardente des intérêts de l'appétit. La bouteille, la chanson, la danse et la table à cartes occupaient la soirée, et donnaient au commerce social le pouvoir de retenir et de charmer jusqu'au retour du matin. Dumfries, par elle-même, ne pouvait offrir assez d'artisans de plaisir pour une si grande occasion. Il y arrivait des domestiques, des entremetteurs, des porteurs de chaises, des coiffeurs, des dames, les prêtres et les prêtresses de tous les séjours favoris où le Plaisir tient sa cour.... Naturellement les personnes gaies d'un sexe attiraient les personnes gaies et élégantes de l'autre[1152]». C'était donc une ville de dissipation. «C'est peut-être, disait encore Heron, une ville de plus de gaieté et d'élégance que n'importe quelle autre ville de même grandeur en Écosse[1152]». Il semble que Dumfries, par suite de son voisinage de la frontière, ressemblait davantage à une ville anglaise. La morosité presbytérienne y était tenue en échec par toutes ces distractions. Il y faisait meilleur vivre qu'en beaucoup d'autres endroits. C'était bien l'avis de Smollett: «Nous poursuivîmes notre voyage jusqu'à Dumfries, ville de commerce très élégante, près de la frontière anglaise. Nous y trouvâmes une abondance de bonnes provisions et d'excellent vin, à des prix très raisonnables, et une installation aussi bonne à tous égards que dans n'importe quelle partie du sud de l'Angleterre. Si j'étais confiné en Écosse a perpétuité, je choisirais Dumfries pour ma place de résidence.[1153]