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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE VI.

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Monsieur, vous êtes époux et père. Vous savez ce que vous ressentiriez si vous deviez voir la femme bien aimée de votre cœur, et vos pauvres petits, dépourvus, parlant à peine, jetés à l'abandon dans le monde, déchus, tombés d'une situation dans laquelle ils étaient respectables et respectés, laissés presque sans le soutien nécessaire d'une misérable existence. Hélas, Monsieur, dois-je croire que ce sera bientôt mon sort? et cela à cause des maudites et noires insinuations de l'infernale et injuste Envie. Je crois, Monsieur, pouvoir affirmer, sous le regard de l'Omniscience, que je ne voudrais pas dire délibérément une fausseté, non! quand bien même des horreurs pires encore, s'il en existe, que celles que j'ai mentionnées, seraient suspendues sur ma tête, et je dis que cette allégation, quel que soit le misérable qui l'a faite, est un mensonge! La Constitution anglaise, sur les principes de la Révolution, est ce à quoi, après Dieu, je suis attaché avec le plus de dévoûment. Vous avez été, Monsieur, vraiment et généreusement mon ami. Le ciel sait avec quelle ardeur j'ai ressenti mon obligation et avec quelle reconnaissance je vous en ai remercié. La Fortune, Monsieur, vous a fait puissant et moi faible, elle vous a donné la protection et à moi la dépendance. Je ne voudrais pas, s'il ne s'agissait que de moi-même, faire appel à votre humanité; si j'étais seul et sans liens, je mépriserais la larme qui se forme dans mon œil; je saurais braver le malheur, je saurais affronter la ruine; car après tout, «les mille portes de la mort sont ouvertes». Mais, ô Dieu bon! les tendres intérêts que j'ai mentionnés, les droits et les liens que je vois en ce moment, que je sens autour de moi, combien ils énervent le courage et affaiblissent la résolution! Vous m'avez accordé un titre à votre patronage, comme à un homme de quelque mérite; et votre estime, en tant qu'honnête homme, est, je le sais, mon droit. Permettez-moi, Monsieur, d'en appeler à ces deux sentiments; je vous adjure de me sauver de la misère qui menace de me détruire et que, je le dirai jusqu'à mon dernier soupir, je n'ai pas méritée[1229].»

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