Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE VI.
Reading edition
Clarinda s'embarqua, vers les derniers jours de janvier 1792, sur la Roselle, le même navire qui avait dû emporter Burns aux Indes occidentales. Avant de partir, elle lui écrivit afin de lui donner les derniers avis de celle «qui aurait pu vivre ou mourir avec lui[1169]». Devant l'inconnu solennel d'un long voyage, elle reprenait son ton de prédication religieuse; sa lettre a l'air d'un petit sermon parsemé de citations bibliques. On croirait à un retour d'influence du révérend... «Cherchez la faveur de Dieu, gardez ses commandements, soyez soucieux de vous préparer pour une éternité heureuse. Là, j'en ai l'espoir, nous serons réunis dans une félicité parfaite et éternelle[1169]». Son amour, qui avait épuisé les désenchantements terrestres, reportait ses espérances à un séjour futur d'où les larmes sont bannies. En attendant, elle se préparait à accepter de la vie le bonheur moyen, le seul dont celle-ci dispose. «Je suis sûre que vous serez heureux d'apprendre mon bonheur. Je compte que ce sera bientôt[1169]».