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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE VI.

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Hélas! mon ami, j'ai peur qu'avant peu la voix du barde ne soit plus entendue parmi vous! Ces huit ou dix derniers mois, j'ai été souffrant, quelquefois couché, quelquefois debout; mais pendant ces trois derniers mois, j'ai été torturé par un horrible rhumatisme qui m'a réduit presque à la dernière extrémité. Vous ne me reconnaîtriez pas si vous me voyiez maintenant. Pâle, émacié et si faible qu'il me faut parfois une aide pour me lever de ma chaise;... ma gaîté, partie! partie!... Mais je n'ai pas le courage de parler davantage à ce sujet. Les médecins me disent que ma dernière et ma seule chance est de prendre des bains de mer, la campagne et le cheval. Le diable de l'affaire est ceci: quand un employé de l'Excise est en inactivité, son salaire est réduit à 35 livres au lieu de 50. De quelle façon, au nom de l'économie, pourrais-je, avec 35 livres, me nourrir moi-même, et nourrir un cheval à la campagne avec une femme et cinq enfants à la maison? Je vous mentionne ceci parce que je voulais vous demander d'employer votre influence et celle de tous les amis que vous pourrez rassembler, afin d'obtenir des Commissaires de l'Excise qu'ils m'accordent mon traitement intégral. Je pense que vous les connaissez tous personnellement. S'ils ne m'accordent pas cela, il faudra que je dépose mes comptes et que je m'en aille véritablement en poète[1359]. Si je ne meurs pas de maladie, il faudra que je périsse de faim[1360].

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