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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE VI.

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L'histoire de la pauvre Jane Lorimer est lamentable. Quelques années après ce moment de splendeur, où elle était rayonnante de beauté et fêtée dans les chansons du premier poète de son pays, son père fut ruiné. Son mari avait disparu. Elle fut obligée d'entrer dans une famille comme gouvernante. Elle vécut dans cette situation et d'autres analogues, pendant plusieurs années. Longtemps après, en 1816, elle apprit que son mari était à Brampton, où il mangeait sa quatrième ou cinquième fortune, héritée d'un parent. Elle le manqua de quelques heures. Peu après, elle fut informée qu'il était en prison pour dettes, à Carlisle. Elle désira le voir. Lorsqu'elle arriva, on lui montra le logement de Whelpdale, de l'autre côté d'un quadrangle entouré d'un cloître. En y allant, elle dépassa un homme, alourdi, légèrement paralysé et dont la marche était traînante. Au moment où elle approchait de la porte, elle entendit que cet homme prononçait son nom. «Jane», dit-il, et se reprenant aussitôt, avec un ton plus cérémonieux, «Mrs Whelpdale». C'était son époux de quelques mois, changé en cet homme caduc, brisé. Il y avait de la bonté dans Jane. Elle resta un mois à Carlisle, allant chaque jour à la prison rendre visite à son mari. Puis elle retourna en Écosse. Quelques mois après, il fut libéré, elle revint près de lui. Mais c'était un homme tellement perdu qu'une vie commune était impossible. Elle fut forcée de le quitter de nouveau et ne le revit plus. «Il est connu, dit Chambers, auquel ces détails sont empruntés, que cette pauvre femme sans appui fut enfin entraînée dans une faute qui lui perdit le respect de la société[1315].» Elle mena pendant quelque temps une sorte de vie errante, sur les frontières de la mendicité, ne parvenant pas à s'élever au-dessus de la position de domestique. Elle ne cessa jamais d'être élégante de tournure et belle de visage. Vers 1825, un gentleman charitable, à qui elle avait fait connaître sa détresse, s'occupa d'elle et parla d'elle dans les journaux, dans le but de lui procurer quelques secours. La dame de ce gentleman lui ayant envoyé les coupures des journaux où il était question d'elle, reçut ce billet, «dans lequel, dit Chambers, nous ne pouvons nous empêcher de penser qu'il y a quelque chose qui n'est pas indigne d'une héroïne poétique»:

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