Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE VI.
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On se demande ce qu'on doit penser de celle qui inspirait ce nouvel amour. C'était une fille remarquablement belle. Tous ceux qui l'ont vue ou entendu parler d'elle sont d'accord sur ce point. Elle avait des cheveux blonds, des yeux bleus, et surtout un corps d'une grâce achevée. «Sa forme était la symétrie même», dit le grave Chambers[1298]. «Elle était proportionnée comme une des plus parfaites productions d'un statuaire antique», dit Allan Cunningham, qui avait fait de la sculpture. Il ajoute, non sans quelque plaisir à s'arrêter sur ce sujet: «Ses cheveux, qu'elle portait longs et abondants, tombaient presque par brassées sur son cou rond et ses épaules blanches; ils étaient plutôt onduleux que frisés et d'une nuance plus foncée que l'épithète «couleur de lin» ne semble l'indiquer. Elle dansait et elle chantait avec beaucoup de grâce et de douceur. Cette minutie de détails, dit-il, sera pardonnée par ceux qui réfléchiront que nous devons à ses charmes quelques-unes des plus délicates poésies lyriques de notre langue[1299]». L'attrait singulier de son visage était formé par le contraste d'un regard gai et riant et d'un sourire de douceur lente. «Elle avait, dit encore Cunningham, une rare suavité dans son sourire et de la joyeuseté dans le regard vif de ses yeux[1300]», et ailleurs il marque mieux encore cette opposition: «Ses yeux étaient grands et brillants et riaient plus que ses lèvres lorsqu'elle prenait plaisir à quelque chose[1301]»; double expression dont le charme est puissant, parce qu'il possède ce qui frappe et ce qui retient. Burns a rendu ce trait dans le portrait qu'il a fait d'elle, portrait d'une précision charmante; il a aussi rendu cette grâce de démarche à laquelle il avait toujours été très sensible.