Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE VI. (continued 2)
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Cet orgueil fut la source en lui de beaucoup de bonnes et de mauvaises choses. Il lui inspira l'idée de sa force, une attitude noble en face du succès aussi bien que de la misère, le sentiment, par lui virilement chanté, qu'un homme ne vaut que sa valeur propre, une dignité et une fierté qui le sauvegardèrent toujours. D'un autre côté, comme il était frémissant et ombrageux, il le rendit péniblement sensible à une quantité de petits froissements, à de petites négligences, à de petites inégalités extérieures, qu'il eut dû dédaigner. En l'exaspérant sur ces riens, en lui faisant regarder la vie comme mal répartie, il le poussa à la dénigrer, à se placer en dehors d'elle, à la braver, à devenir mécontent et cynique. Quant à l'élément de passion, il était fait des emportements d'un tempérament ardent et des rêves d'une belle imagination. Il naissait de son corps et de son esprit. Quelques-uns de ses biographes le représentent comme conduit par ses sens et expliquent ses fautes par un conflit entre ses dons spirituels et une constitution charnelle et terrestre[1405]. C'est mal savoir de quoi sont faites les amours de poètes. Il y eut bien autre chose dans les passions de Burns; il y avait de la poésie et des jeux du cœur dans les aventures qui ont été les plus funestes à sa vie et qui sont les plus lourdes à son nom. Il était d'ailleurs violent et excessif en tout. Ses colères étaient terribles. Cette force d'impulsion le mena par saccades, devançant les réflexions, et précédant les remords. Mais il lui doit ce mérite qu'il fut toujours sincère et franc. C'est une qualité que ses ennemis même lui reconnaissaient et que lui reconnaissent encore ceux de ses biographes qui sont le moins disposés à l'indulgence envers lui. Avec ce mélange dangereux de qualités et de défauts, on pourrait lui appliquer les vers qu'il avait écrits sur un homme dont la nature n'était pas, à certains égards, sans ressemblance avec la sienne, sur Charles Fox: