Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE V.
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«On peut deviner avec quel intérêt j'entendis dire, un jour de foire à Thornhill, que Burns allait visiter le marché! Tout gamin que j'étais, l'intérêt qu'éveillait en moi cet homme extraordinaire fut suffisant, ajouté aux attractions ordinaires d'une foire de village, pour me faire aller au marché. Burns entra dans la foire, vers midi; et hommes, femmes et filles, tous étaient en émoi pour apercevoir le laboureur d'Ayrshire. Je le suivis comme un chien, de baraque en baraque et de porte en porte. On avait dénoncé une pauvre veuve du nom de Kate Watson, qui s'était risquée à donner, à quelques-uns de ses vieux amis de la campagne, un coup d'ale sans licence, et un filet de whiskey, à l'occasion de la fête de village. Je le vis entrer à sa porte; et je ne m'attendais à rien moins qu'à la saisie immédiate d'une certaine jarre de terre et d'un baril qui, à ma connaissance, contenaient les objets de contrebande, à la recherche desquels était le barde. Un signe de tête, accompagné d'un geste de l'index, fit arriver Kate à l'entrée; j'étais assez près pour entendre distinctement les mots suivants: «Kate, êtes-vous folle? Savez-vous que le contrôleur et moi nous allons vous arriver dans quarante minutes? au revoir, pour à présent.» Burns fut dans la rue, au milieu de la foule, en un moment; et j'appris que son avis n'avait pas été négligé. Il avait épargné à une pauvre veuve délaissée une amende de plusieurs livres[1037].