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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE V.

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C'est une question qui n'est pas sans intérêt, de savoir quelle sorte de fermier était Burns et comment il gouvernait sa maison. Il avait deux domestiques mâles et deux filles de ferme. Son bétail comptait neuf ou dix vaches à lait, quelques veaux, quatre chevaux, et des brebis dont quelques-unes étaient ses favorites. C'était un bon maître et indulgent pour ses serviteurs. Il était familier et amical avec eux. Quand quelque chose le fâchait, il était un peu vif, mais l'orage était vite passé. Un vieillard, qui avait été garçon de ferme chez lui, disait qu'il ne l'avait vu réellement en colère qu'une fois, lorsqu'une des filles avait donné, sans les couper en assez petits morceaux, des pommes de terre à une vache qui étouffait. Ses regards, ses gestes, sa voix étaient terribles; il avait hérité ces colères de son père. C'était un bon laboureur. Souvent aussi, passant sur ses épaules le drap plein de grain, il semait le matin le champ que ses ouvriers devaient herser dans la journée[1012]. Il est probable que son intérieur était un peu plus soigné que celui de la plupart des autres fermiers. Si on se le représente vaquant à ces occupations dans le costume ordinaire: le large béret bleu écossais, un habit à longs pans de drap bleu ou marron, des culottes de velours de coton à côtes, des bas bleu foncé[1013], et, pendant les froids, un plaid blanc et noir autour des épaules, on aura complété cet aperçu de la routine de vie, sur laquelle éclataient ses instants de génie. C'est un tableau qui ne manque pas de dignité.

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