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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE V.

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«M. Burns, vous avez fait un choix de poète et non de fermier», lui dit le père d'Allan Cunningham, en apprenant qu'il s'était décidé pour Ellisland, la plus jolie et la plus ingrate des trois fermes qui lui avaient été offertes[929]. Ellisland est, en effet, dans une position charmante sur la côte méridionale de la Nith. «La ferme, disait Burns lui-même, est admirablement située sur les bords de la Nith, large cours d'eau qui passe par Dumfries et se jette dans le Solway-Frith[930].» À cet endroit, la Nith est une sinueuse rivière, limpide et rapide, dont l'épaisseur ne suffît pas à recouvrir les bancs de galets qui la coupent, et sur lesquels sa frêle nappe claire se plisse et se déchire en maintes longues rayures obliques. Ce fond de galets produit un joli murmure incessant, où se mêlent celui plus léger et inconstant des feuillages et, de temps en temps, des bêlements ou des beuglements lointains. À cause de ses détours, la rivière semble, en amont et en aval, sortir de dessous des verdures. La rive gauche, comprise dans une large boucle de la Nith et bordée d'un lais gris de cailloux, est basse et plate. Elle se prolonge en prairies humides et grasses, parfois inondées par les crues; des groupes de grands arbres séculaires, aux dômes ronds et réguliers, leur donnent un air de parc. La rive droite, creusée par une échancrure qui correspond à la convexité de l'autre bord, est escarpée. C'est là qu'est placée la ferme, sur une sorte de petite falaise à pic, ouverte par une déchirure de terre rougeâtre. À quelques pas de la ferme, un affaissement du terrain mène doucement à une petite anse où la rivière coule à fleur de rive. Le soir, les vaches y viennent boire, dans l'eau jusqu'à mi-jambe, au milieu de leurs reflets, et font un joli tableau rustique. Plus loin que cette crique, la berge, se redressant un peu, présente, entre les champs qui s'élèvent en talus au-dessus d'elle et la rivière qui coule au-dessous, une plate-forme sablonneuse, d'un gazon très fin, bordée du côté de l'eau par un rideau d'arbustes, et longée par un sentier. C'était la promenade favorite de Burns; c'est ici qu'il venait quand il désirait être seul; c'est ici que, tout en marchant de long en large, il composa en une après-midi son célèbre Tam de Shanter. De son temps, tout le pays était envahi de genêts. «Je sortis, dit-il, et allai me promener sur les bords couverts de genêts de la Nith[931]». «On a arraché tant d'ajoncs et de genêts, dit Dorothée Wordsworth, qu'on se demande pourquoi tout n'a pas disparu, et cependant il semble qu'il y ait presque autant d'ajoncs et de genêts que de blé; ils poussent l'un parmi l'autre, on ne comprend pas comment[932].» Maintenant encore des plaques d'or clair éclatent et luisent de toutes parts.

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