Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE V.
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Cette union enfin conclue, on se demande ce qu'elle était, et surtout ce qu'elle allait être. Pour le moment, elle vivait d'un besoin de repos et d'un reste de passion. Mais cela ne peut aller bien loin; ce sont comme ces premières provisions avec lesquelles on se met en ménage, et qui permettent d'attendre le pain de tous les jours. Comment la vie commune allait-elle définitivement s'établir? Les deux êtres qu'elle réunissait avaient connu les ivresses, les délaissements, les colères, les déchirements, les rapiècements et, pour employer l'expression de Montaigne, «l'herbe, les fleurs, le fruit[958]» et le regain de l'amour. Ils se hasardaient maintenant à être paisiblement heureux ensemble. Ne leur serait-il pas plus difficile de l'être l'un avec l'autre qu'avec n'importe qui? Pouvaient-ils passer de leur liaison tourmentée au commerce uni et reposant que veut le ménage?