Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE V.
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Dieu aide les fils de la Pauvreté! Haïs et persécutés par leurs ennemis, et trop souvent (hélas! presque sans exception toujours) reçus par leurs amis avec un manque de respect insultant et des reproches qui percent le cœur, sous le mince déguisement d'une froide politesse et de conseils humiliants. Oh! être un vigoureux sauvage traversant, dans l'orgueil de son indépendance, les solitudes sauvages de ses déserts, plutôt que d'être dans la vie civilisée et d'attendre en tremblant une subsistance, précaire comme le caprice d'un semblable! Chaque homme a ses vertus, et pas un homme n'est sans fautes. Maudits soient le privilège et la franchise de l'amitié qui, à l'heure de ma calamité, ne peut me tendre une main secourable sans désigner en même temps mes fautes et assigner leur part dans ma détresse présente. Mes amis, car c'est ainsi que le monde vous nomme, et c'est ce que vous-mêmes pensez être, omettez mes vertus, si cela vous plaît, mais aussi épargnez mes folies: les premières porteront dans mon sein témoignage d'elles-mêmes; les secondes tortureront assez un cœur sincère, sans vous. Puisque dévier plus ou moins des sentiers de la convenance et de la droiture est fatalement une chose inhérente à la nature humaine, ô Fortune, mets en mon pouvoir de payer toujours de ma propre poche, la pénalité de mes erreurs! Je n'ai pas besoin d'être indépendant afin de pécher; mais je veux être indépendant dans mon péché[1079].