Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.
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Hélas! qui démêlera jamais la part de mal contenue dans les événements qui se présentent le plus heureusement et dont nous nous réjouissons le plus? Comment aurait-on imaginé que ce séjour à Édimbourg deviendrait pour Burns une source de déplaisirs, plus funestes que ses malheurs? Et pourtant, c'est un fait, à la fois curieux et pénible à constater. On voit une misanthropie secrète sortir de son succès comme ce «quelque chose d'amer» dont parle le poète, qui surgit des douceurs et les empoisonne. Il avait eu jusque-là des chagrins; mais un homme n'est pas aigri parce qu'il gémit dans la souffrance. Ici une sorte de désenchantement mystérieux et général semble naître en lui, y exciter la défiance et le mépris des autres. Il faut le remarquer, parce que, à partir de ce moment, cet assombrissement de la pensée ne le quittera plus; il subsistera sous les clartés et les éclats de son génie, derrière les gaîtés de sa vie, avec cette persistance tranquille des choses ténébreuses, qui semblent sûres que le dernier mot leur restera. On voit paraître les premières paroles chagrines, indices du travail secret et important qui s'est fait en lui, dans ce fameux journal d'Édimbourg, qu'on crut perdu pendant si longtemps, et qui a été retrouvé il y a seulement quelques années[593]. L'ironie du début est surprenante; lui en qui l'amitié était un sentiment si fort.