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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.

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C'est à ce moment que Creech entreprit de faire faire le portrait de Burns, pour en mettre une gravure en tête de l'édition qu'il allait publier. L'Écosse avait vers cette époque une belle école de portraitistes, trop ignorée; malheureusement, aucun d'eux ne se trouvait alors à Édimbourg. Allan Ramsay, l'auteur de fins portraits du XVIIIe siècle, venait de mourir; Raeburn, le plus grand peintre de son pays, n'était pas encore revenu de Rome et n'avait pas encore commencé sa longue suite de portraits d'illustres Écossais; Romney, presque son égal, vivait à Londres. Il y avait cependant dans la ville, malgré ce que dit Chambers, un portraitiste de talent nommé Martin. Pour quelque raison inconnue, Creech ne s'adressa pas à lui. Il pria un jeune peintre de passage, nommé Nasmyth, qui avait exactement le même âge que Burns et qui était depuis peu rentré d'Italie, de reproduire les traits du poète. Nasmyth s'en chargea sans vouloir accepter aucune rémunération. Grâce à lui, nous avons l'idée de Burns, tel qu'il était alors. Le visage rasé, car il ne porta jamais de barbe, avec ses grands yeux noirs lumineux, son nez droit et sa bouche qu'on sent mobile et souriante, est jeune et charmant. Il frappe surtout par un air franc, ouvert et bon. On dirait qu'il regarde la vie sans soupçon. La tête est tout entière dans un ciel d'aurore, plutôt clair que bleu, plutôt plein de clarté que d'azur, sur lequel volent de petites nues blanches; plus bas, à la hauteur des épaules, des feuillages, des collines lointaines, au pied desquelles est une ruine et dont les pentes sont lumineuses; un horizon radieux, fait pour un poète champêtre. Ce jeune visage dans cette jeune atmosphère donne une impression de commencement léger de vie et de journée, d'attente heureuse. Le portrait est, paraît-il, le meilleur de ceux qu'on a de Nasmyth. La facture est ferme, simple, bien tenue et faite pour inspirer confiance[575]. On aimerait à croire que la ressemblance fut parfaite. Malheureusement, ce n'est là qu'un Burns incomplet. Nasmyth n'était pas homme de taille à peindre cette tête. La touche de Raeburn, lui-même, si sûre et si décidée, était trop calme, trop assise dans ses effets larges et amplifiés[576], pas assez subtile, pas assez chercheuse et pénétrante, pour rendre ce qu'il y avait là de complexe et de divers. La seule main, qui, en Angleterre, l'aurait pu était celle de Joshua Reynolds, la main qui a peint Le Banni.

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