Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.
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Il est inutile de faire ressortir la bonne grâce et l'aménité de cette longue déposition; ce sont les qualités du noble honnête homme que fut Dugald Stewart. Il est moins étranger à notre préoccupation d'en faire remarquer la minutie, la finesse dans maint détail, le souci de l'exactitude marqué par des restrictions et les correctifs qui souvent découpent les affirmations sur l'étroite vérité. Cette marque de l'intelligence pondérée, précise et rompue aux nuances psychologiques de l'auteur de la Philosophie de l'Esprit humain, n'est pas ici indifférente. Elle démontre que Burns a été étudié de près par un œil pénétrant, et qu'on peut se fier à ce portrait. Et, ici encore, ce n'est pas trop de dire que quelques-unes des critiques se retournent contre celui qui les a faites. On comprend que Dugald Stewart qui avait un «penchant pour l'humour paisible[563]» et dont on a dit que ses manières étaient comitate condita gravitas, n'ait pas goûté entièrement l'humour mouvementé, robuste et parfois violent de Burns. Ce qu'il dit sur les épigrammes du poète est juste d'ailleurs: Burns n'était pas l'homme des pointes verbales. Mais n'est-il pas clair aujourd'hui que, dans la discussion à propos de Franklin et de Junius, Burns avait dix fois raison. Il n'y a pas d'homme qui ne préfère les puissantes déclamations du second au bavardage bonhomme du premier, pour peu qu'il aime un style qui ait de la force et du sang. Aujourd'hui, Franklin n'est plus guère qu'un donneur de conseils excellents pour les jeunes gens; Junius reste un des maîtres de l'invective et de l'éloquence politiques; Junius est encore une lecture d'homme d'État; Franklin est une lecture pour les écoles primaires des États-Unis. C'était Burns qui avait raison contre Dugald Stewart et le goût du poète à juger les œuvres de prose était beaucoup plus sûr que son juge ne le pensait. Ces détails rectifiés, c'est un joli épisode que ces deux hommes, si différents, causant dans leurs promenades matinales; et c'est un joli tableau que Dugald Stewart «le plus admirable liseur que j'aie jamais entendu[564]» lisant à Burns les poésies qu'il ignorait, jusqu'à ce que les larmes coulassent sur le visage hâlé du poète et que peut-être la voix tremblât un peu sur les lèvres du philosophe.