Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.
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Dans la conversation, il était puissant. Les pensées et leur expression avaient la même vigueur, et sur tous les sujets étaient aussi éloignées que possible du lieu commun. Bien qu'il fût un peu impératif, c'était d'une façon qui ne pouvait donner offense et qu'on attribuait aisément à son inexpérience dans l'art d'aplanir une contradiction et d'adoucir une assertion, qui est un trait important des manières élégantes. Après le déjeuner, je lui demandai de me communiquer quelques-unes de ses pièces inédites; il récita sa chanson d'adieu aux rivages de l'Ayr.... Je fis une attention toute particulière à sa récitation: elle était simple, lente, articulée, vigoureuse, mais sans éloquence et sans art. Il ne mettait pas toujours l'emphase avec propriété; il ne suivait pas le sentiment avec les variations de sa voix. Il était debout, pendant ce temps, le visage tourné vers la fenêtre, vers laquelle, et non vers ses auditeurs, il dirigeait ses yeux; se privant ainsi du surcroît d'effet que le langage de sa composition aurait pu emprunter au langage de sa physionomie. En ceci il ressemblait à la plupart des chanteurs amateurs qui, afin d'éviter le reproche d'affectation, retirent toute expression de leurs visages, et perdent l'avantage par lequel les chanteurs de théâtre augmentent l'impression de leur chant et donnent de l'énergie au sentiment qui est exprimé[561].