← Table of contents
Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.

Reading edition

Il y avait là de quoi faire tourner les têtes les plus solides; d'autant plus que ces fumées de fortune venaient tout d'un coup, après la misère et une fuite ignominieuse. Il était dans l'état d'un homme à qui, après une longue inanition, un seul verre de vin est dangereux. Il était arrivé épuisé d'espoir, dans un dénûment de toute joie, et on lui versait à flots le vin le plus précieux, le plus capiteux, dans toutes les coupes de la flatterie. Qui n'aurait pas été grisé? Ses meilleurs amis, ceux qui avaient le plus confiance en lui, redoutaient qu'il ne le fût. Le bon Dr Lawrie, celui-là même qui lui avait communiqué la lettre du Dr Blacklock, se demandait s'il résisterait à ce passage trop brusque de tous les dénûments à toutes les abondances. Il lui écrivait sur un ton presque paternel: «Mon ami, un si rapide succès est très rare; pensez-vous que vous ne courrez pas risque de souffrir de ces applaudissements et de ce trop d'argent? Rappelez-vous l'avis de Salomon qui parlait par expérience: «Plus fort est celui qui dompte son propre esprit et...» J'espère que vous n'imaginez pas que je parle par soupçon ou mauvais bruit. Je vous assure que je parle par amitié, et bonne renommée, et bonne opinion, et par un fort désir de vous voir briller au grand soleil comme vous avez lutté dans l'ombre, dans la pratique comme dans la théorie de la vertu[554]». Tous ceux qui lui portaient intérêt étaient anxieux pour lui.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings