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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.

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En même temps grandissaient, de tous côtés, dans les provinces, une légion d'enfants qui devaient venir se réunir à ce groupe d'Édimbourg. James Hogg, le plus grand poète populaire que l'Écosse ait produit après Burns et dont la vie est presque aussi remarquable que celle de Burns, était un grand garçon de seize ans, solitaire et triste, qui gardait des troupeaux dans la forêt d'Ettrick. À Glasgow Robert Stevenson, le grand ingénieur de phares, Mac Crie, l'historien de John Knox, avaient quatorze ans; James Mill, le père de Stuart Mill, l'auteur d'une Histoire de l'Inde, en avait treize; Tannahil, le doux chanteur, en avait douze et travaillait déjà dans sa pauvre famille de tisserands à Paisley; Alexander Murray, le philologue, en avait onze; il vivait dans une hutte, au bord du lac perdu de Palneur, où son père, pauvre berger, lui avait appris ses lettres avec un bout de bois charbonné. John Leyden, le charmant poète des Scènes d'Enfance avait onze ans; John Struthers, le poète du Sabbat du Pauvre, en avait dix et depuis deux ans déjà gardait les vaches; Thomas Campbell, l'impeccable et exquis poète, dont l'œuvre comme une statuette d'ivoire est petite et parfaite, en avait neuf; ainsi que le futur sir John Ross dont le nom est lié à l'histoire des expéditions arctiques. Thomas Brown, le métaphysicien, John Thomson qui fut plus tard ministre et un véritable peintre, Andrew Ure, le chimiste, avaient huit ans; John Galt, le romancier, notre auteur des Annales de la Paroisse, en avait sept et grandissait à Irvine où nous avons vu Burns; Thomas Chalmers, le théologien, le puissant prédicateur, était âgé de sept ans; David Brewster, l'éminent écrivain scientifique, de cinq; William Tennant, le poète, de quatre ans. Enfin David Wilkie, le peintre, le Teniers anglais comme on l'a appelé, Allan Cunningham, le futur biographe de Burns, John Wilson, le célèbre Christopher North, le poète, l'essayiste, le critique, l'athlète dont les exploits physiques sont incroyables, l'auteur de l'Île des Palmes et des Noctes Ambrosianæ étaient des enfants «miaulant et piaillant dans les bras de leur nourrice», selon l'expression de Shakspeare. C'était, dans toute la longueur et la largeur de ce petit pays, un foisonnement intellectuel dont l'Écosse sera longtemps fière. Cette génération grandissante ne devait pas, comme celle qui la précédait, se grouper tout entière à Édimbourg et s'y attacher. Le «vorace Londres[525]» allait en dévorer une partie. Édimbourg, tout en continuant à produire des hommes de première valeur, ne les retiendra plus tous; on pourra inscrire sur cette puissante ruche:

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