Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.
Reading edition
La Faculté de Médecine, qui a tant contribué à la réputation de l'Université d'Édimbourg, était aussi dans un moment de gloire extraordinaire. Sans compter les hommes de talent comme Rutherford le botaniste, Andrew Duncan et d'autres, il y avait quatre hommes de premier ordre, dont les noms sont historiques et marquent des étapes dans le développement de la science. À la chaire d'anatomie, il y avait Alexandre Monro, Monro secundus, un merveilleux professeur, le plus grand de ces Monro, qui, de père en fils, occupèrent la même chaire pendant une période de cent vingt-six ans, de 1718 à 1846. À la chaire de physiologie, se trouvait James Gregory, un autre exemple de ces étonnantes familles de professeurs; son arrière-grand-père James Gregory, l'inventeur du télescope à miroir, avait été nommé professeur à Édimbourg en 1674, et, depuis ce temps, les Gregory donnaient des professeurs de mathématiques et de sciences naturelles aux Universités d'Angleterre et d'Écosse. Quelle sève dans ces races récemment sorties du sol! Et ces hommes enseignaient pendant un demi-siècle et vivaient quatre-vingts ans. Notre James Gregory était en outre le premier latiniste d'Écosse. À côté de ces noms-là, deux autres d'une plus grande portée. William Cullen était là, le grand physiologiste, qui essaya le premier «de généraliser les lois de la maladie telles qu'elles se manifestent dans le corps humain[503].» Et la chaire de chimie était occupée par Joseph Black, un des créateurs de la chimie moderne, celui que Lavoisier considérait comme son maître et appelait «l'illustre Nestor delà révolution chimique», grand physicien aussi, car c'est lui qui avait découvert la chaleur latente «un hardi et admirable paradoxe qui exigeait, pour être proposé, du courage aussi bien que de la pénétration, et qui marque une époque de l'esprit humain parce que c'était un immense pas de fait vers l'idéalisation de la matière en force[504].»