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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.

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Le soir arrive. L'obscurité sort des étroites ruelles où elle s'est réfugiée pendant le jour et envahit graduellement la ville. La grande rue fait pour s'éclairer une tentative vaine; car s'il y a plus de réverbères qu'il y a vingt ans, il n'y a pas plus d'huile[473]. Les citoyens les plus graves, marchands, juges, avocats, professeurs, s'en vont vers les tavernes ou les clubs, qui font partie de la vie sociale. Des caves, où l'on sert des huîtres et de la bière noire et qu'on appelle oyster cellars, s'échappe un peu de lumière et un bruit de musique; car on y danse. «La plupart des oyster cellars ont une sorte de longue pièce, où une société pas trop nombreuse peut goûter l'exercice d'une danse campagnarde, au son d'un violon, d'une harpe ou d'une cornemuse[474].» Il y a vingt ans, la bonne société n'osait fréquenter ces endroits de louche réputation[475]. Depuis quelque temps cela est devenu à la mode, grâce à cette charmante et folle duchesse de Gordon, dont l'entrain et la hardiesse scandalisent et dont la grâce séduit la ville. Les dames de la haute société d'Édimbourg y viennent maintenant[476]. Aussi la rue est-elle animée. Des caddies passent avec leurs lanternes en papier[477], des chaises à porteurs précédées de valets qui portent une torche, et escortées de gentilhommes, l'épée dans une main et le chapeau dans l'autre, conformément à la politesse des temps[478]. Et les coins de ruelle ne sont pas non plus sans ces apparitions nocturnes de plaisir et de vice des grandes villes, faites pour surprendre et troubler un garçon de campagne.

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