Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.
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Au-dessous de la Tolbooth, en face de St.-Giles, la terrasse est presque complètement bouchée par une bande de constructions établies juste au milieu de la rue et qu'on nomme les Luckenbooths, ou les baraques fermées[443]. Elles ne laissent, entre les maisons d'un côté et St.-Giles de l'autre, que deux passages étroits et obscurs. Encore celui du côté de St.-Giles s'est-il encombré par surcroît. Contre la façade, entre les contreforts de la vieille église, dans tous les coins[444], se sont collées, blotties une nichée de petites échoppes qu'on a comparées à des nids de martinets[445]. On les appelle les Krames. Tout ce coin est une scène très animée de trafic. C'est là que sont les merciers, les gantiers, les chapeliers, les marchands de jouets, les libraires[446]. Tenez justement! la dernière maison des Luckenbooths, celle qui fait face à la descente de la High Street, c'est la maison où Allan Ramsay a eu sa boutique de libraire ornée des deux bustes de Ben Jonson et de Drummond de Hawthowden. Elle est maintenant occupée par un de ses successeurs nommé William Creech[447], qui publie presque tous les livres qui paraissent à Édimbourg. C'est ce petit homme, vif et souriant, très soigné de mise qui, la tête bien poudrée, en habits noirs, en culottes de satin, reçoit tous les écrivains[448]. Il racontera plus tard qu'un jeune paysan est venu, chapeau bas, lui demander si c'était bien là qu'était établi Allan Ramsay[449]. Et la High Street descend ainsi, hérissée d'enseignes de chaque côté, car d'un bout à l'autre c'est un véritable marché, et dans les caves, à l'abri des balcons de bois, jusque sous les escaliers extérieurs, il y a des vendeurs de mille objets[450]. Ajoutez les auberges et les tavernes, qui sont presque toutes en sous-sol.