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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.

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À sa sortie d'Édimbourg, la route que les deux voyageurs suivaient entre dans une région semée de souvenirs historiques. Burns en fut dès les premiers pas saisi. Quelques heures seulement après le départ, il aperçut les ruines du château de Linlithgow, l'ancienne résidence de la royauté écossaise. Avec ses tours démolies, ses pignons ébréchés, ses murailles sans toiture et trouées de baies vides, sa fontaine délabrée au milieu du quadrangle envahi par l'herbe, son air d'écroulement et sa situation sur le promontoire d'un petit lac solitaire assombri par des bois, il est d'une imposante mélancolie. Burns s'y arrêta. Il voulut voir la grande chambre, ouverte aux vents, où naquit Marie Stuart. Il nota ce mélange de grâce et de gravité qu'offrent ces ruines dans ce paysage délicat. «Linlithgow, un air de grandeur rude, déchue et oisive, une situation d'un charme rural et retiré. Le vieux palais grossier, une ruine assez belle mais mélancolique, joliment située sur une petite élévation près de la berge du lac[741].» À côté du palais, se trouve une église dédiée à Saint Michel, patron du bourg, un des meilleurs spécimens de la primitive architecture gothique en Écosse. Il la visita aussi et y retrouva un ancien ennemi. «Une assez bonne vieille église gothique, l'infâme escabeau de pénitence établi, à la vieille mode romaine, dans une situation élevée. Quelle pauvre mesquine chose est un endroit de culte presbytérien, sale, étroit, squalide, blotti dans un coin d'une vieille grande construction papiste comme Linlithgow ou mieux encore Melrose. Les cérémonies et l'apparat, si on les introduit judicieusement, sont absolument nécessaires pour la masse du genre humain, aussi bien dans les affaires civiles que religieuses[741].» Ces réflexions ont leur intérêt. Elles montrent que Burns pressentait un mouvement qui s'est produit plus tard, qui opère encore aujourd'hui, dans l'église écossaise et peu à peu ramène des cérémonies, des costumes et de la musique dans la nudité et la sécheresse du culte presbytérien. Elles montrent aussi, et ce point n'est pas sans importance, qu'une certaine réflexion s'alliait à ses goûts d'artiste, pour lui faire regretter la pompe, le déploiement de fêtes et de représentations, inséparables, dans sa pensée, de la race royale et fastueuse dont le départ avait appauvri et décoloré la vie écossaise.

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