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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.

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Et tout à côté, le fameux château de Holyrood, le théâtre de tant de mariages royaux, de masques, de tournois, de fêtes, de funérailles et de forfaits. C'est là qu'a débarqué la perle de sa race, Marie Stuart, quand elle descendit, l'âme navrée, de la galère qui l'amenait du pays de France. C'est là qu'elle vécut trois ans, portant «son grand deuil blanc avec lequel il faisait très beau la voir, car la blancheur de son visage contendait avec la blancheur de son voile à qui l'emporterait, et la neige de son blanc visage effaçait l'autre[403].» C'est là qu'elle commença à régner sagement, tandis que cependant on pouvait sentir que la reine était incapable d'empêcher la femme d'exercer son charme sur les hommes qui l'entouraient. C'est là que, dans un emportement de passion sensuelle[404], elle épousa Darnley. Ce fut l'origine de ses malheurs. Voilà la tourelle, où le 9 mars 1566, tandis qu'elle soupait avec Rizzio, la tapisserie, qui représentait la chute de Phaéton, l'ambitieux imprudent[405], se soulevant tout à coup, laissa voir la tête hagarde et féroce de Ruthven le chef des conjurés; c'est dans cette salle que Rizzio tomba frappé du premier coup de dague, tandis que ses mains s'accrochaient aux jupes de la reine et qu'il criait: «Giustizia! sauve ma vie, madame, sauve ma vie»; et là aussi est dans le parquet la tache de sang qui en fit couler tant d'autre. Car à partir de cette horrible scène, le cœur de Marie Stuart ne souhaita plus que la vengeance[406]. Et le souvenir de l'enchanteresse qui trouble et séduit l'histoire entraîne la pensée. Autour de l'image de la plus étrange charmeuse qui, avec Cléopâtre et Brunehaut, ait occupé un trône, surgissent les figures de Darnley, de Ruthven, de Morton, de Bothwell, ces vies excessives en amour et en haine, fougueusement animales, où les convoitises et les colères se précipitaient sur leurs objets, destinées somptueuses et sanglantes, toutes, toutes, sanglantes. Et derrière cette tragédie de Holyrood, on ne peut s'empêcher d'entrevoir l'assassinat de Craigmillar, l'emprisonnement du lac de Lochleven et la scène funèbre et sublime de Fotheringay[407].

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