Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.
Reading edition
En quittant Dumfries, il tira pays du côté du Nord, vers l'Ayrshire. La route qui remonte la vallée de la Nith, par Sanquhar, suit la déchirure par laquelle le dur et granitique Galloway[704] est séparé de la tête du système montagneux des Borders. Elle traverse une contrée triste et délaissée. À gauche, s'allongent des solitudes jonchées de moraines, de détritus de glaciers, d'amas d'argile, de graviers et de galets, parsemées de mares, de petits lacs innombrables, frappées de l'antique dévastation glaciaire[705]. À droite, se dresse l'âpre massif et le nœud de montagnes où les longues lignes coulantes des Borders se rapprochent, se rencontrent, se ramassent, se relèvent, se heurtent et se déchirent; au lieu de pentes gazonnées, ce ne sont que des cassures à pic, des rochers nus et bouleversés et d'étroits défilés[706]. Vers le haut de la vallée, on entre dans un district de mines et de minerais, sur lequel pèse une stérilité métallique. «La contrée environnante est la plus infertile qui se puisse concevoir. On n'aperçoit ni arbre, ni buisson, ni verdure. Les mineurs et leurs familles sont une communauté isolée, tous plus ou moins parents par mariages[707].» C'est par ce désert, dont l'aridité est plus morne encore dans la lumière de juin, que Burns s'en retournait vers Mauchline.