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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV.

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Burns était parti en disant qu'il allait faire «un pélerinage au sol classique» de la poésie écossaise. Ces mots pouvaient faire croire qu'il allait pénétrer dans cette région, sinon préparé à en ressentir tout le charme pittoresque, du moins désireux de le découvrir et disposé à en étudier les souvenirs poétiques. Dès qu'on ouvre le journal qu'il a tenu de son voyage, la déception est grande. Il semble que le paysage qui devait fournir à Wordsworth de si profondes et si divines contemplations n'ait pas été aperçu. À peine quelques notations fugitives et sommaires, qui ne dépassent pas les impressions d'un voyageur quelconque[670]. «Les collines de Lammermoor misérablement désolées, mais par moments très pittoresques[671]».—«Superbe rivière la Tweed, claire et majestueuse, beau pont[672]». Il remonte jusqu'à Selkirk, cette rêveuse et attirante vallée de l'Ettrick où James Hogg se formait dans des visions de paysage féeriques; et ces rives, sur lesquelles soupire l'âme même des Borders, ne lui inspirent que ces mots: «toute la contrée aux alentours, sur la Tweed comme sur l'Ettrick, remarquablement pierreuse[673].» Tant de vieilles villes, si jolies de situation, si pittoresquement étalées au bout de leur pont, autour de ruines si vénérablement historiques: Kelso, au pied de sa vieille tour, Berwick avec son air de forteresse, Melrose où la vallée de la Tweed s'élargit, et Jedburgh sur sa basse éminence dominée par sa tour conventuelle, passent presque inaperçues. «Déjeuné à Kelso, charmante situation de Kelso, beau pont sur la Tweed, vue et perspectives enchanteresses des deux côtés de la rivière, particulièrement du côté écossais[674]».—«Charmante situation romantique de Jedburgh, avec des jardins, des vergers, mélangés aux maisons, belles vieilles ruines, une cathédrale jadis magnifique et un château-fort. Toutes les villes ici ont une apparence de vieille et rude grandeur, mais les habitants sont extrêmement paresseux[675].» Ce passage est de beaucoup le plus explicite et il a de la justesse de coup d'œil. On sent que le souci d'observer et l'attention seuls ont fait défaut. À quelques milles de là, il visite ce coin renommé de pays où, dans des paysages éclatants alors des frondaisons de mai, se trouvent les vieilles abbayes du roi David; la massive abbaye de Dryburgh, si calme dans sa péninsule boisée, et cette merveilleuse abbaye de Melrose, si exquise, si fine, si parfaite et d'un travail si achevé dans sa pierre d'un rouge pâle. C'est elle qui devait, à quelques années de là, faire écrire à Walter Scott ses plus beaux vers[676]. Voici tout ce que ces nobles architectures inspirent à Burns: «visité Dryburgh, une ancienne belle abbaye ruinée, traversé la Leader et remonté la Tweed jusqu'à Melrose, y dîne et visite cette ruine glorieuse et au loin renommée[677]». Les endroits rendus célèbres par les ballades et les chansons ne ressortent guère davantage. Rien de ce qui est spécial à cette région, rien du charme des sites ou des souvenirs n'y apparaît.

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