Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV. (continued 2)
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Tout cela formait, en somme, une nature assez riche et assez bien équilibrée, une physionomie aimable de petite bourgeoise intelligente, animée, capable de passion plutôt que passionnée, sans très haute distinction, avec plus de vivacité que de profondeur et plus d'attrait que de charme. Il lui manquait la séduction suprême, je ne sais quelle suavité victorieuse par dessus tout. Elle le savait et elle l'avouait avec la franchise et la justesse qui étaient de ses qualités et avaient leur bonne grâce. En parlant d'une petite pièce de vers qu'elle avait faite, elle disait: «Elle n'a pas de mérite poétique, mais elle donne des indices d'une délicate âme féminine, une âme comme je voudrais que la mienne fût; mais ma vivacité me prive de cette douceur qui est, dans mon opinion, le premier ornement d'une femme[831]». Cet arôme subtil, la fleur parfumée qui rend certaines vies suaves ou troublantes, lui faisait défaut. La sienne appartenait à la famille des plantes brillantes et sans parfum. C'était une nature facile, bien douée, avec un certain éclat, mais sans cette marque de personnalité qui, placée ici ou là, met un être à part. Elle avait cependant quelque chose d'attachant, car elle conserva un cercle d'amis très fidèles qui ne la quittèrent, les uns après les autres, que lorsque la mort les appela.