Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV. (continued 2)
Reading edition
C'est avec peine que je parvins à lui faire quitter cet endroit et à l'emmener en temps pour le souper[797].» Mais si l'on se rappelle que les vers cités sont parmi les plus expressifs de la pièce sur la chute de Bruar, on n'a pas de peine à constater que l'enthousiasme de Burns, excité peut-être par le paysage, ne s'appliquait pas au paysage lui-même et poursuivait quelque sentiment particulier. Ce n'est pas à dire qu'il ne ressentait pas la nature. On a pu voir le contraire. Il ne ressentait pas la nature gigantesque, qui écrase l'homme; son âme toujours en passion humaine ne s'ouvrait pas à ces vastes impressions; il ne pouvait que choisir, dans cet ensemble qu'il était incapable d'embrasser, un détail dans lequel il mettait une anecdote. Son âme n'était pas faite pour la majestueuse épopée des montagnes. Si l'on veut voir avec quelles aptitudes diverses des âmes différentes abordent les mêmes objets, on n'a qu'à lire, après le journal de Burns, celui que Keats a écrit pendant un court voyage dans les Hautes-Terres. Ce fut chez lui, du premier coup d'œil, une merveilleuse intelligence de ce que cette contrée a de plus haute poésie.