Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE IV. (continued 2)
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Mais, outre celles-là, Burns semble avoir recueilli d'autres impressions, éparses par tout le pays. La répression, après la victoire de Culloden, fut une des plus atroces et implacables qui aient jamais éteint dans le sang les cendres d'une rébellion. Elle a laissé sur le duc de Cumberland une marque indélébile; il porte dans l'histoire le nom de boucher. Le pays entier fut saccagé de fond en comble; «on pouvait voyager des journées à travers les vallées dépeuplées, sans voir une cheminée fumer ou entendre un coq chanter[777].» Les hommes furent traqués et abattus à coups de fusils comme, des loups, les châteaux démolis, les chaumières incendiées, les troupeaux enlevés, les femmes et les enfants jetés nus, grelottants dans la nuit et les solitudes glaciales des monts[778]. On en voyait qui se traînaient derrière les pillards et imploraient un peu de sang ou les entrailles de leurs propres troupeaux. Ils périssaient de froid et de faim[779]. La sauvagerie des soldats était parfois plus hideuse, «ils furent coupables de toutes sortes d'outrages envers les femmes, la vieillesse et l'enfance[780].» Une mare de sang auprès de décombres calcinés était le tableau de tout le pays. Heureux lorsque les hommes pouvaient s'échapper, fuir à l'étranger pour un exil sans terme. On peut imaginer ce que des temps pareils voient de douleurs, de séparations, de déchirements, temps exécrés où toutes les figures ont des larmes. Une immense malédiction, faite de milliers de sanglots, de gémissements, d'adieux et de râles, monta de partout, des vallées, de la plaine, des collines, des monts, comme le cri de l'Écosse. Il sembla que le vent qui passait sur les bruyères portait des plaintes humaines et disait au ciel des choses douloureuses.