Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE III.
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Le premier qui lui tomba sous la main, après les révérends Moodie et John Russell, fut précisément William Fisher, un des elders de Mauchline. Il le malmena plus terriblement encore, dans sa Prière de Saint Willie. Les circonstances qui motivèrent cette implacable satire sont tellement caractéristiques des mœurs, et elles démontrent si bien que la tyrannie sacerdotale dont nous avons parlé plus haut n'avait pas disparu à cette époque, qu'il peut être utile de les rappeler. Gavin Hamilton, le notaire de Mauchline et le propriétaire de Mossgiel, avait été menacé d'être exclu de la communion annuelle et écarté des tables «pour négligence habituelle des ordonnances de l'Église». On lui reprochait d'être irrégulier à l'église; d'avoir été absent deux dimanches dans un mois et trois dans l'autre; de s'être mis en route un dimanche, malgré les conseils du ministre; de négliger habituellement, si toutefois pas entièrement, le culte de Dieu, dans sa famille[221]. Gavin Hamilton affirma que ces accusations sortaient d'une rancune personnelle et en appela de la Kirk session au Presbytère d'Ayr. Il y fut défendu par un de ses confrères d'Ayr, nommé Aiken, ami de Burns, qui était, paraît-il, doué d'un talent de parole remarquable et qui semble avoir été un grand orateur dans un petit bourg. La Kirk session de Mauchline, c'est-à-dire Daddy Auld et William Fisher, fut considérée comme mal fondée dans sa réprimande, et Gavin Hamilton rapporta un ordre du Presbytère que les procès-verbaux de la session dont il avait appelé fussent détruits. C'est en sortant de ce jugement que Burns place les lamentations suivantes dans la bouche de William Fisher, lequel gémit de ce qui vient de se passer[222]. Il s'adresse au Dieu de justice: