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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE III.

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Il attendait donc l'événement avec confiance et sans doute aussi avec un peu de fierté. Entre temps, il semblait qu'il eût épuisé toutes les émotions qui peuvent tenir en si peu de temps, quand il en survint une dernière qui sembla dépasser toutes les autres. La conduite des Armour avait été telle envers Burns qu'il s'était cru délié de toute obligation à leur égard. Ils avaient refusé la plus haute réparation qu'il fût en son pouvoir de leur donner; c'était refuser les moindres. Avant de s'éloigner du pays, il fit dresser un acte par lequel il passait à son frère Gilbert tout ce qu'il possédait et «particulièrement les profits qui peuvent sortir de la publication de mes poèmes présentement sous presse», à la condition que son frère se chargerait d'élever la petite fille d'Élizabeth Paton, maintenant âgée de deux ans, qu'on avait recueillie à la ferme[328]. Il ne fit aucune provision pour Jane Armour. Le vieil Armour eut-il vent de la résolution de Burns ou connaissance de cet acte? Ce qu'il y a de certain c'est qu'il prit la résolution d'empêcher Burns de partir sans avoir laissé garantie d'une somme suffisante pour élever l'enfant dont sa fille était grosse. Il mit l'affaire entre les mains des gens de loi. Il y allait pour Burns de l'emprisonnement[329]. Nouvel acte dans ce drame! Le voilà obligé de quitter la ferme, de dépister les recherches. «Depuis quelque temps, je me glissais de cachette en cachette, dans toutes les terreurs de la prison; des gens mal avisés et ingrats avaient découplé la meute sans merci des gens de loi à mes trousses[330]». Sans un avertissement singulier et dont l'origine se laisse deviner, il était saisi. Il est probable que le vieil Armour comptait mettre la main sur une partie des profits que les souscriptions désormais couvertes assuraient aux poèmes. Burns alla chercher refuge, comme un véritable outlaw, dans la forêt de Old Rome, laissant ignorer à tous où il avait disparu. Le 30 juillet 1786, il écrivait à son ami Richmond cette lettre qui rend bien l'état d'esprit où il devait être:

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